SOUS CONTROLE (2011)

Composé, arrangé, joué et enregistré par Paul Levis.

Mixé par Bertrand Faure et Paul Levis, avec l'aide d'Hervé Michard.

Violoncelle : Clémence Matthey.

Contrebasse : Gonzague Octaville.

Voix : Marina Trueba.

Sons additionnels : Thomas Rathier.

Au sein d’un état de surveillance généralisée, sympathisants et opposants au régime s’espionnent dans une atmosphère de paranoïa permanente qui n’est pas sans créer de graves troubles des identités et des comportements. Mais ne sont-ils pas, en réalité, les simples acteurs d’une série télé ?

Sous Contrôle est une pièce qui, en 22 séquences et une vingtaine de personnages, dresse le portrait fragmentaire, éclaté, d’un univers de surveillance généralisée et de ses conséquences sur la population : paranoïa permanente, trouble identitaire, confusion entre réalité et fiction.
Par l’intermédiaire de ces multiples séquences, comme autant de fenêtres ouvertes sur cet univers, il nous est donné de faire connaissance avec les différents rouages d’une société, les différents habitants d’une réalité qui apparaît comme un reflet à peine déformé de la nôtre. Mais plus nous avançons dans la découverte de ce monde, plus les frontières qui devraient le structurer (politique/spectacle, fiction/réalité...) se révèlent caduques. Nous nous enfonçons alors dans un espace incertain où l’intérieur et l’extérieur des écrans semblent avoir fusionné à jamais.

Sur scène, scénographie, composition sonore et dispositif vidéo mettent en scène les diffé- rents espaces d’un monde intemporel, un monde de surveillance permanente, de suspicion généralisée. Le spectateur passe ainsi d’un lieu à un autre, d’un intérieur à l’extérieur, voyeur d’un monde qui se présente à lui comme une mosaïque télévisuelle.
Puis, petit à petit, les objectifs se démultiplient, petit à petit les différentes surfaces se révèlent surfaces de projection, deviennent écrans. Petit à petit, les repères se troublent, les limites disparaissent, espace public et espace privé se confondent, espace mental et réalité objective fusionnent, les frontières s’estompent, la définition des choses se perd.
La réalité n’est bientôt plus qu’écrans et regards, dans une mise en abîme vertigineuse. Le monde n’existe plus que comme représentation de lui-même sur un écran.
L’installation vidéo (une dizaine de caméras, de multiples écrans et surfaces de projection), n’est ici à aucun moment gratuite, étroitement reliée à la scénographie et à la composition sonore, elle participe pleinement à la dramaturgie de la pièce et offre à la fois à l’image la place d’un discours critique sur elle-même et un espace pour développer sa propre dimension poétique.